
Quand la mer ne porte pas
Une seule trace de colère
On s’imagine parfois
Que ce calme la résume entière
Les vagues se bousculent en dessous
Ce que l’on montre est souvent loin de nous
On est si peu l’image que l’on donne
C’est avec mes peines, avec mes fautes
Toutes serrées dans mon cœur
Que je vais vers les autres
Pourtant on me voit toujours indemne
Alors que le flot me pousse, me ramène
Avec mes peines, avec mes peines
Avec mes peines, avec mes peines
Au-delà des apparences
L’existence retient tout
Et c’est parfois une forme de chance
Ces épreuves subies malgré nous
Malgré nos masques de splendeur
Ce sont nos secrets, nos douleurs
Que l’on doit montrer où qu’on aille
C’est avec mes peines, avec mes fautes
Toutes serrées dans mon cœur
Que je vais vers les autres
Pourtant on me voit tellement mondaine
Alors que le flot me pousse, me ramène
Avec mes peines, avec mes peines
Avec mes peines
C’est avec mes peines, avec mes fautes
Toutes serrées dans mon cœur
Que je vais vers les autres
Mais c’est tellement beau où tu m’emmènes
Toi qui rendrais forte une porcelaine
Je suis indemne, je suis indemne
Avec mes peines, avec mes peines
Vingt dimanches par semaine
Des enfants jamais malades
Le bonheur sans la haine
Des soldats la paix dans l’âme
La parole aux poètes
Et la musique aux fous
La liberté dans la tête
Et la vérié debout
Et si c’était vrai si c’était vrai
Qu’est-ce qu’on en ferait
Et si c’était vrai
Est-ce qu’on y croirait
Et du pain à toutes les tables
Et de l’eau pour chacun
De l’amour non coupable
Et le droit d’être quelqu’un
Et de la place pour tous
Pendant qu’on est en vie
Et des roses qui poussent
Sur le fumier d’aujourd’hui
Et puis toi mon amour
Qui m’aimerais toujours
Et l’humanité humaine
Dans la voix des humains
Et puis le chant des baleines
Qu’on entendrait enfin
Quand j’ai ouvert les yeux pour la première fois
Sans avoir dit je veux quand j’ai tendu les bras
Pour sortir du néant comme un soleil blessé
Déjà couvert de sang entre deux mains glacées
Quand j’ai ouvert les poings pour toucher la lumière
De mon premier matin et la peau de ma mère
J’ai crié au secours à m’en briser la voix
Pour parler à l’amour mais tu n’étais plus là
Je ne t’ai jamais vu,
T’as pas voulu me voir
J’étais tellement perdue
Je ne t’ai jamais vu,
T’as pas voulu me voir
J’étais aussi perdue que l’espoir
J’ai récolté des fleurs sur ton champ de bataille
Quand tu as dit c’est l’heure il faut que je m’en aille
J’ai crié à la vie je ne te comprends pas
Les dieux m’ont sûrement punie en me privant de toi
Je ne t’ai jamais vu,
T’as pas voulu me voir
J’étais tellement perdue
Je ne t’ai jamais vu,
T’as pas voulu me voir
J’étais aussi perdue que l’espoir
Si tu entends ma voix chanter ces souffrances
J’aimerais quelquefois savoir ce que tu en penses
Je ne l’ai jamais su
J’aimerais tant savoir
Je suis aussi perdue que l’espoir
Je ne t’ai jamais vu
T’as pas voulu me voir
Es-tu aussi perdu que moi ce soir
Ceux qui passent plus de temps
À donner aux autres
Qu’à se tourner vers un dieu
Qui compte les fautes
C’est toute ma religion
Tous ces mots qui me viennent
Devant l’immensité
Ces océans d’étoiles si désintéressées
C’est toute ma religion
Et tous c’est gens qui font du bien
Sans se faire prier
Tous ces chœurs qui s’élèvent
D’un vieux rêve oublier
C’est toute ma religion
Voir en chacun de nous
Une bonté minimum
Plutôt que d’espérer une seule âme
Infiniment bonne
C’est toute ma religion
Les efforts que font les êtres
Pour trouver la vie belle
Sans qu’on vienne leur dicter
Une foi originelle
C’est toute ma religion
C’est toute ma religion
Toi qui me dis simplement
Combien j’existe pour toi
Toi qui arrives d’abord
À me faire croire en moi
C’est toute ma religion
Par-delà les frontières
Les prairies et la mer
Dans les grandes noirceurs
Sous le feu des chasseurs
Dans les mains de la mort
Il s’envole encore
Plus haut
Plus haut
Le cœur d’un oiseau
Dans les yeux des miradors
Dans les rues de nulle part
Au milieu des déserts
De froid, de faim et de fer
Contre la tyrannie
Il refait son nid
Plus chaud
Plus chaud
Le cœur d’un oiseau
Ce n’était qu’un orage
Ce n’était qu’une cage
Tu reprendras ta course
Tu iras à la source
Tu boiras tout le ciel
Ouvre tes ailes
Liberté
Liberté
Liberté
Liberté
Liberté
Liberté
Mes rêves m’ont rendue fragile
À force de rêver de nous
Et chaque rêve est un exil
Où nous n’avons pas rendez-vous
J’attends j’attends qu’est-ce que j’attends
Dans cette gare où je m’égare
Perdue dans cette foule d’amants
Qui se retrouvent ou se séparent
Crois-tu qu’un jour tu reviendras
Toi qui ne m’as jamais quittée
Crois-tu qu’un jour tu reviendras
Tu reviendras pour exister
Tu deviendras la réalité
J’ai peut-être couru trop vite
J’étais si pressée de te dire oui
Je me suis donnée tout d’suite
À toi croyant que c’était lui
Entre mes songes et ses mensonges
M’en veux-tu de t’avoir trahi
Comment te dire ce qui me ronge
Et je t’attends et je m’ennuie
Crois-tu qu’un jour tu reviendras
Toi qui ne m’as jamais quittée
Crois-tu qu’un jour tu reviendras
Reviendras pour exister
Tu deviendras la réalité
Mes rêves m’ont rendue fragile
Vivre sans toi m’est difficile
Crois-tu qu’un jour tu reviendras
Toi qui ne m’as jamais quittée
Crois-tu qu’un jour tu reviendras
Tu reviendras pour exister
Tu deviendras la réalité
Mes rêves m’ont rendue fragile
Vivre sans toi m’est difficile
Je ne suis plus comme avant
Je ne suis plus comme hier
Un printemps
Qui se foutait de l’hiver
Je ne suis plus comme avant
Mais je n’ai pas changé
Mes tourments
Ne m’ont jamais quittée
Simplement maintenant
Avec le temps je comprends
Je ne suis plus la même
Mais je ne suis plus une autre
J’ai appris à me dire je t’aime
À me pardonner mes fautes
On fait tous des erreurs
On porte tous des chaînes
Dans le cœur
Y’a pas de vie sans peine
Simplement maintenant
Avec le temps je comprends
Je comprends un peu tard
Mais au moins je comprends
Qu’il faut voir
Ce que l’on est vraiment
Et tant pis si c’est dur
Et tant pis si c’est triste
Nos blessures
Nous rappellent qu’on existe
Simplement maintenant
Avec le temps je comprends
Tout est silence
Le jour en transparence
Dans mes draps froissés
Où toi tu n’es que passé
Rien d’imprévu
Juste un peu déçue
Des airs de violon
Joués par des illusions
On se dit qu’on se rappelle
De nos les artificielles
Solitaire
Quelque part dans l’univers
Éloignée pour mieux rêver
Tout est désir
Prête à conquérir
Le cœur entrouvert
Que toi tu peux satisfaire
Rien n’est perdu
J’ai toujours survécu
Aux jeux de l’absence
Joués par l’indifférence
Oh ! mais il y a des jours
Où j’aurais tellement envie
De promesses infinies
Solitaire
Quelque part dans l’univers
Éloignée pour me retrouver
Comment veux-tu que je l’aime ?
Elle qui dort à ta place
Cette pâle deuxième
Que mon père embrasse
Elle est un peu plus jeune
Jamais aussi jolie
Cette femme qui déjeune
Tous les jours avec lui
Quand mon père vient me voir
Une fois par trois semaines
Il essaie d’me faire croire
Qu’ j’ai une famille quand même
Moi, c’est entre vous deux
Que j’ai appris la tendresse
Et c’est de vous deux que j’veux
Apprendre à tenir mes promesses
Peut-être que j’ai pas raison
Quand je dis que c’est possible
Que votre séparation ne soit pas
Irréversible
Comprends tu que c’que j’veux
C’est qu’vos mains se reprennent
Que vos cœurs orgueilleux
Se rejoignent et se comprennent
Elle devra bien partir
L’envoûteuse de mon père
À force de sentir
Qu’c’est toujours toi qu’il préfère
Comment veux-tu que je fasse
Pour pas devenir violente
Quand j’te vois tomber face à face
Avec ta remplaçante
C’est toi qui as nagé
Dans ma seule rivière
C’est toi qui as sauté
Par-dessus mes barrières
Toi qui as mis le pied
Dans ma vierge forêt
Sur mes sentiers privés
Sur des chemins secrets
T’as joué à la cachette
D’une drôle de manière
T’as triché, je regrette
Qu’est-ce qui t’as pris mon frère ?
C’est toi qui as frayé
Ce défendu passage
Toi qui as regardé
Fleurir mon paysage
C’est toi qui as reçu
Mes pluies et mes sanglots
Je te revois, pieds nus
Jouer dans mes flaques d’eau
D’accord, tu ne viens plus
Nager dans ma rivière
Et tu ne sautes plus
Par-dessus mes barrières
Mais il flotte toujours
L’odeur trop familière
De jeux de l’amour
Que j’apprenais à faire
C’est toi qui as enfoui
Dans mon cœur et ma terre
Cette honte qui grandit
Qu’est-ce qui t’as pris mon frère ?
S’il existe un sentier
Pour revenir en arrière
Tu m’en as tant montré
Montre-le-moi, mon frère
Le vent m’a soufflé son histoire à l’oreille
Il m’a rejointe ce matin à mon réveil
Et dans l’ombre j’ai vu ton visage
Mais ce n’était qu’un mirage
Quelques heures à t’attendre sur le quai
Une vague est venue me raconter
Dans un grand soupir ses regrets
Les tourments qu’on lui a faits
Ici comme ailleurs
Je pense encore à toi
Ici comme ailleurs
Le temps peut bien passer
Rien ne pourra jamais te remplacer
Sous nos baisers la terre s’est animée
De cet espoir est née sa liberté
Et dans l’ombre j’ai vu ton visage
Mais ce n’était qu’un mirage
Ici comme ailleurs
Je pense encore à toi
Ici comme ailleurs
On est si bien ensemble
Ici comme ailleurs
Je pense encore à toi
Ici comme ailleurs
Le temps peut bien passer
Rien ne pourra jamais te remplacer
Endormie j’ai tout vu sans te voir
Endormie un trou dans ma mémoire
Endormie, endormie
Mais tu vis encore
Tu cris encore
J’ai plus ma place, à côté de toi
J’ai plus ma place, dans ta maison
Y’a trop de paperasse qui traîne partout
T’as jamais le temps, t’as que des raisons
J’ai plus ma place, à côté de toi
Je suis même de trop, quand t’es pas là
Fatiguée d’être à lécart
De me chercher dans ton regard
J’en ai passé des nuits
À t’attendre des nuits
Je suis débarqué de ton cœur
Faut que je me fasse une place ailleurs
J’ai plus ma place dans notre histoire
Faut que je débarrasse, que je vide mes tiroirs
T’as trop de fatigue, trop d’ouvrage
Moi, je suis nulle part, dans le paysage
Y’a trop d’indices de soupçons
Dans les racoins de ton salon
J’ai jamais cru en Dieu
J’essaie de croire en moi
J’ai tellement vu de vieux
Souffrir avec la foi
J’ai jamais cru que la peur
Allait me faire prier
Comme si un monde meilleur
Pouvait exister
Mais veille sur moi
Veille sur moi
J’ai jamais cru que les anges
Pouvaient nous protéger
Y’a tellement rien qui change
Avec les années
J’ai toujours traité de fous
Ceux qui se mettent à genoux
Et qui sont convaincus
Qu’ils seront entendus
Veille sur moi monsieur
Veille sur moi mon Dieu
Si c’est vrai que t’es là
Veille sur moi et écoute-moi
Veille sur moi père
Mon Bouddha ma lumière
Et écoute ma prière
Bohémienne
Nul ne sait le pays d’où je viens
Bohémienne
Je suis fille de grands chemins
Bohémienne
Bohémienne
Qui peut dire où je serai demain
Bohémienne
Bohémienne
C’est écrit dans les lignes de ma main
Ma mère me parlait de l’Espagne
Comme si c’était son pays
Et des brigands dans les montagnes
Dans les montagnes d’Andalousie
Dans les montagnes d’Andalousie
Je n’ai plus ni père ni mère
J’ai fait de Paris mon pays
Mais quand j’imagine la mer
Elle m’emmène loin d’ici
Vers les montagnes d’Andalousie
Bohémienne
Bohémienne
Je suis fille de grands chemins
Bohémienne
Bohémienne
Qui peut dire qui j’aimerai demain
Bohémienne
Bohémienne
J’ai passé toute mon enfance
Pieds nus sur les monts de Provence
Pour les gitans la route est longue
La route est longue
Je continuerai mon errance
Au-delà des chemins de France
Je les suivrai au bout du monde
Au bout du monde
Un fleuve d’Andalousie
Coule dans mon sang
Coule dans mes veines
Le ciel d’Andalousie
Vaut-il peine
Qu’on y revienne ?
Bohémienne
Nul ne sait le pays d’où je viens
Bohémienne
Je suis fille de grands chemins
Bohémienne
Bohémienne
Qui peut dire ce que sera demain
Bohémienne
Bohémienne
C’est écrit dans les lignes de ma main
C’est écrit dans les lignes de ma main